Médias synthétiques, crise de la connaissance et gouvernance de la qualité dans l’enseignement supérieur : Conférence plénière au sixième colloque organisé par le G3
Invitée à donner une conférence plénière durant le Colloque qualité dans l’enseignement supérieur organisé par le G3 Le G3 est un partenariat entre l’Université de Genève (Suisse), l’Université de Montréal (Canada) et l’Université libre de Bruxelles (Belgique). Fortes d’un intérêt commun pour la démarche qualité dans les établissements d’enseignement supérieur, les trois universités s’unissent pour organiser cet événement visant le partage d’expertises et de pratiques.
Le colloque du G3 2025 offre un espace de réflexion, d’échanges, de collaboration et de partage de pratiques innovantes autour de la qualité dans les institutions d’enseignement supérieur au sein du monde francophone. Il a pour thématique centrale l’organisation et la gouvernance de la qualité : de la stratégie à l’implantation d’une culture qualité.
Titre et résumé de la présentation
Médias synthétiques, crise de la connaissance et gouvernance de la qualité dans l’enseignement supérieur
L’enseignement supérieur repose sur une promesse : produire, transmettre et protéger un savoir fiable, tout en formant des citoyennes et citoyens capables de jugement critique. Aujourd’hui, cette mission s’élargit : il s’agit aussi de préparer les apprenantes et apprenants à évoluer dans une réalité médiée par l’intelligence artificielle — un monde où voir et entendre ne suffisent plus à croire.
L’essor des médias synthétiques — deepfakes, désinformation, mésinformation et biais algorithmiques —, ne se contente pas de brouiller la frontière entre le vrai et le faux. Il fragilise les mécanismes mêmes par lesquels les institutions d’enseignement supérieur établissent la fiabilité, entretiennent la confiance et assurent la crédibilité. Or, ces dimensions sont au cœur de toute démarche qualité, qu’il s’agisse d’enseignement, de programmes, de gouvernance ou de services aux étudiantes et étudiants.
Dans ce contexte, réfléchir à l’organisation et à la gouvernance de la qualité implique d’aller au-delà de la mise en place de normes et de procédures. La tâche est plus fondamentale : reconstruire notre relation au savoir dans un monde où nos sens peuvent être trompés. Cela suppose de développer une littératie critique et réflexive, — la capacité de questionner comment nous savons ce que nous savons —, et de renforcer des compétences proprement humaines qu’aucune IA ne peut remplacer : la conscience contextuelle, le raisonnement éthique et la construction collective du sens.
Cette conférence propose un appel à réflexion : comment repenser l’organisation et la gouvernance de la qualité dans l’enseignement supérieur pour que nos cours, nos programmes et nos institutions demeurent à la fois un rempart contre l’illusion et un pilier de crédibilité collective dans un monde où vérité et illusion s’entremêlent ?