Nouvelle publication : Knowing more, doing less: AI literacy development and organisational barriers in healthcare training
Un nouvel article publié dans le Journal of Workplace Learning examine le « knowing-doing gap » en matière de littératie en IA et montre pourquoi la motivation et les compétences individuelles ne suffisent pas lorsque les conditions organisationnelles ne permettent pas de passer de la connaissance à l’action.
Cette publication est issue d’un travail de recherche mené en étroite collaboration avec la Direction de l’enseignement et de l’Académie du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (DEAC du CHUM). Elle témoigne d’un partenariat de recherche particulièrement riche avec Nathalie Beaulieu et d’un travail collectif réunissant Yassine El Bahlouli, Julie Grégoire, Nadya Fortier, Karine Whelan, Dana Al Faraj et Mélanie Demers.
L’article paraît à un moment où les organisations investissent massivement dans la formation à l’intelligence artificielle, la littératie en IA, le développement des compétences et l’adoption de nouveaux outils. Pourtant, une question demeure centrale : que se passe-t-il lorsque les personnes comprennent mieux l’IA, en perçoivent davantage la pertinence, mais ne disposent pas des conditions nécessaires pour l’intégrer réellement à leur pratique?
À partir d’une intervention qualitative menée auprès de personnes professionnelles ayant des responsabilités de formation en milieu hospitalier, l’étude conceptualise un « knowing-doing gap » : une situation dans laquelle l’augmentation des connaissances et de la sensibilisation à l’IA ne se traduit pas automatiquement par une transformation des pratiques.
Les résultats montrent notamment que développer sa littératie en IA peut conduire à une diminution de la confiance, non pas parce que l’apprentissage a échoué, mais parce qu’une meilleure compréhension permet de prendre davantage conscience de la complexité, des limites, des responsabilités et des conditions nécessaires à une utilisation rigoureuse de l’IA.
L’étude met également en évidence une dimension essentielle pour les organisations : la motivation individuelle ne suffit pas. L’accès aux outils, le temps protégé pour apprendre et expérimenter, ainsi que l’appui et la légitimité institutionnels constituent ce que l’article décrit comme une « infrastructure of agency ». Sans cette infrastructure, les compétences peuvent se développer tout en demeurant difficiles à traduire en action.
Cette contribution invite ainsi à déplacer une partie de la discussion sur l’intégration de l’IA. Il ne suffit pas de demander si les personnes sont formées, motivées ou disposées à adopter les outils. Il faut aussi examiner ce que les organisations rendent effectivement possible.
Cette recherche a été réalisée avec le soutien du Ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec, dans le cadre du Programme NovaScience (subvention 2021-2022_57796).
Référence
Naffi, N., Beaulieu, N., El Bahlouli, Y., Grégoire, J., Fortier, N., Whelan, K., Al Faraj, D., & Demers, M. (2026). Knowing more, doing less: AI literacy development and organisational barriers in healthcare training. Journal of Workplace Learning. https://doi.org/10.1108/JWL-02-2026-0062
La version auteur acceptée de l’article sera également prochainement déposée dans CorpusUL, le dépôt institutionnel de l’Université Laval, afin d’en favoriser l’accessibilité et la circulation.
