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IA et démocratie : Nadia Naffi participe à une table ronde de la CEST sur la gestion des risques éthiques

5 juin 2026

Le 4 juin 2026, à HEC Montréal, Nadia Naffi a participé à la table ronde « La gestion des risques éthiques », organisée dans le cadre du lancement de l’avis de la Commission de l’éthique en science et en technologie sur les risques éthiques de l’intelligence artificielle pour la démocratie.

Cet avis porte sur un enjeu central : la manière dont les systèmes d’IA peuvent affecter l’intégrité électorale, la qualité des débats publics et la confiance démocratique. Il aborde notamment les risques liés à la désinformation politique, aux hypertrucages, au microciblage, aux cyberviolences, à la fragmentation de l’information et à la manipulation de l’opinion publique.

Animée par Guillaume Chicoisne, la table ronde réunissait Florian Martin-Bariteau, Pierre Trudel et Nadia Naffi. Les échanges ont porté sur la capacité d’action du Québec dans les espaces numériques, la souveraineté numérique, l’harmonisation des politiques publiques, ainsi que les avantages et les limites des mesures de littératie numérique et de littératie en IA.

Dans son intervention, Nadia Naffi a soutenu que la littératie numérique et la littératie en IA sont indispensables, mais qu’elles ne peuvent plus être réduites à la détection du faux.

Selon elle, les systèmes d’IA ne produisent pas seulement des contenus synthétiques ou des hypertrucages. Ils participent aussi à la circulation, à la personnalisation, à l’amplification et à la recontextualisation de l’information. La réponse éducative doit donc aller au-delà de la question : « Est-ce vrai ou faux? »

Elle doit aussi permettre de comprendre qui produit un contenu, qui le diffuse, qui le crédibilise, quelle émotion il cherche à activer, quels biais il mobilise, comment il circule et ce qu’il fait au débat public.

Nadia Naffi a plaidé pour une littératie d’interprétation, de circulation et d’agentivité démocratique. Une littératie capable d’aider les citoyennes et citoyens à analyser les trajectoires des contenus, à reconnaître les logiques de manipulation, à ralentir avant de partager, à contextualiser, à signaler et à participer au débat public sans contribuer à la désinformation.

Elle a également rappelé que la propagande, la satire politique et la manipulation émotionnelle ne sont pas nouvelles. Ce qui change avec l’IA, c’est l’échelle, la vitesse, le coût, le réalisme, la personnalisation, l’automatisation et la diffusion en un clic.

L’intervention a aussi souligné les limites des approches centrées uniquement sur la responsabilité individuelle. Il n’existe pas d’outil infaillible de détection des contenus synthétiques, et demander aux citoyennes et citoyens de repérer seuls les faux contenus revient à leur confier une responsabilité disproportionnée face à des systèmes puissants, opaques et diffusés à grande échelle.

Pour Nadia Naffi, la littératie ne doit pas devenir la dernière ligne de défense d’un système défaillant. Elle doit s’inscrire dans un écosystème plus large de responsabilité, qui inclut la transparence des contenus synthétiques, la veille institutionnelle, la recherche interdisciplinaire, le soutien aux acteurs de terrain et l’accès à des sources fiables.

L’événement a ainsi mis en lumière un enjeu majeur : protéger la démocratie à l’ère de l’IA ne peut pas reposer uniquement sur des outils techniques, des lois ou des efforts individuels de vigilance. Il faut développer une capacité collective à anticiper, interpréter, transmettre et agir.